Old’Up = Donner du sens et de l’utilité à l’allongement de la vie !

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Old’Up = Donner du sens et de l’utilité à l’allongement de la vie !

« Plus si jeunes, mais pas si vieux», voilà comment se présentent les membres de l’association Old’up. « Cette génération des vieux debout » ambitionne de donner du sens et de l’utilité à l’allongement de la vie. Un espace de réflexion pour apprendre à accepter son âge et réaffirmer sa place dans la société. Crée en 2007, l’association originellement parisienne compte aujourd’hui plus de 400 membres et des antennes poussent un peu partout en France : Nantes, Marseille, Le Touquet… L’Observatoire des Silvers a eu le grand plaisir de rencontrer Nancy de La Perrière, l’une de ses responsables.

Selon vous, quels sont les axes de progression dans la vision que l’on a des personnes âgées ?

J’ai le sentiment que l’association est de plus en plus connue et de plus en plus respectée. Ce qui est normal puisqu’on se dirige vers une société où il y aura de plus en plus de personnes âgées. Il faut à tout prix éviter qu’ils deviennwent des poids morts pour la société.

Au sein d’Old’up, il y a une entraide pour parvenir à mesurer les bons côté liés au fait de prendre de l’âge. Avec un entourage bienveillant, chaque étape de vie peut s’avérer enrichissante et être prise du bon côté.

Y-a-t il une revendication derrière le nom Old’up ?

C’est plutôt une injonction envers nous-même. « Ne te laisse pas aller ! ». L’idée n’est pas de redorer l’image des vieux. C’est de nous redonner confiance en qui nous sommes et en ce que nous valons. Le but final étant tout de même de favoriser le maintien de notre insertion dans la vie publique. Globalement, je trouve qu’au sein d’Old’up les gens ont une vision plutôt positive d’eux-mêmes.

Vous brandissez le terme de « vieux » comme un étendard. Vous ne le percevez pas péjorativement ?

Être vieux n’est pas une tare. Il n’y a pas de quoi en rougir. La vie avance, on est de plus en plus vieux mais cela ne nous dérange pas. Il faut au contraire que ce soit l’image du « vieux » qui change. Dans un premier temps, cela passe nécessairement par l’acceptation, par les vieux, de leur âge. Être bienveillant avec soi-même et accepter sa vieillesse sans la cacher.

Aujourd’hui, l’association réunit presque deux générations. Des membres nous rejoignent à 70 ans mais on compte aussi beaucoup de personnes qui s’approchent des 90 ans. Nous ne sommes pas de la même génération, n’avons pas les mêmes besoins et pas le même regard sur la vie. C’est intéressant pour tout le monde, et notamment pour les plus jeunes qui constatent comment nous vieillissons sereinement. Cela leur permet d’être moins craintifs face aux années qui passent. D’un autre côté, ils apportent un nouveau regard, plus actif, moins contemplatif que le nôtre.

Un des axes de réflexion de l’association est de faire en sorte que les personnes âgées restent des citoyens à part entière, engagées dans la société. Comment est-ce que cela se concrétise ?

C’est ce que l’on appelle le vieillissement participatif. Ce que l’on cherche à éviter à tout prix, c’est d’être mis au ban de la société. Il n’y a pas de raison pour que notre âge nous empêche d’être au coeur de la cité. Nous avons dans nos rangs des représentants d’usagers et il n’est pas rare qu’ils soient consultés sur les questions qui touchent au mieux vieillir ou à l’accessibilité. Ce sont deux sujets capitals pour nous. Les gares et les transports public nous ont beaucoup consulté par exemple. On a aussi été donner notre avis dans les grands magasins, tous les lieux de circulation en somme. Je crois que nos recommandations ont été prises en compte dans l’ensemble. Il n’est pas rare qu’on nous consulte aussi en tant qu’experts dans les hôpitaux ou les EHPAD. Récemment, il y a eu une enquête d’un SSR (service de soin et de rééducation). Une douzaine de binômes ont été passer deux jours et une nuit sur place pour étudier les conditions d’accueil. L’idée est de donner un avis extérieur et de proposer des axes de progression. Dans ce cas précis, le constat a été positif du point de vu matériel, en revanche au niveau relationnel il y avait beaucoup de choses à redire. Le personnel dirigeant ne faisait pas assez attention au besoin de communication.

Vous parlez également de vieillissement durable. En quoi cela consiste-t-il ?

On vit vieux bien plus longtemps ! Et c’est une bonne nouvelle dans la mesure où l’on est en suffisamment bonne santé, que l’on reste actif et bien entouré. Rester en contact avec l’extérieur est primordial. C’est pourquoi on s’interroge beaucoup sur les moyens de préserver et de favoriser le contact. Cela vaut notamment pour des personnes qui ont encore toute leur tête mais dont le corps ne peut plus suivre la cadence. Pour ces personnes, l’isolement est catastrophique. Dans les EHPAD, où l’on sait qu’il y a un manque de convivialité, on ne vit pas plus de deux ans. Les moments de vie collectif y sont trop calibrés. Si on n’a pas envie de peindre le mardi comme le calendrier le prévoit, on n’a plus qu’à rester dans sa chambre. Ce sont des occupations, pas de vrais moment de créativité ou d’échange. Tout cela est très artificiel.

Dans un  EHPAD que nous avons visité, il y a eu une innovation importante suite à une de nos recommandations : la remise des tablettes à certains résidents. Être connecté permet aux personnes qui ne sortent pas beaucoup de leur lieu de vie de recevoir des nouvelles de l’extérieur et de leur famille. Cela permet de rester inséré socialement.

D’un point de vue plus personnel, comment définiriez vous l’association ?

Old’up est un lieu de réflexion et de partage avant tout. Notre vocation n’est pas “d’occuper” nos membres. Beaucoup d’associations s’en chargent déjà. Ici, le but est de tirer le meilleur parti possible de ce temps qui nous est donné. Ces réflexions animent bon nombre de nos groupes de parole. Pour ceux qui ne sont pas à l’aise avec le fait de se livrer, des groupes d’analyse et de réflexion leur permettent d’avancer autrement. C’est le cas des groupes sur l’actualité, sur l’Europe ou du comité scientifique. Ce dernier s’intéresse notamment au vieillissement au delà de 80 ans. Cela se matérialise, entre autre, par des groupes de réflexion qui interview des personnes de plus de 80 ans.

Dans le passé on ne vivait pas aussi vieux. Nous nous devons d’en profiter de la façon la plus utile pour nous-même et pour les autres. Old’up nous offre la possibilité de nous réunir pour évoluer ensemble et essayer d’en retirer le meilleur. A 90 ans il y a peut être des plaisirs nouveaux qu’on n’avait pas à 80. Le vieillissement durable a du bon !

Merci pour ce bel échange, Madame !

2018-11-14T23:01:53+00:00